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Non, Amazon n’est pas pressenti pour s’installer à Belin-Béliet

Par Corentin Barsacq

L’entreprise de e-commerce Amazon a été citée comme client mystère du projet PRD à Belin-Béliet. Il s’agit en réalité d’une fausse information relayée massivement. Décryptage. 

 

 « Ni Alibaba, ni Amazon, ni ici, ni ailleurs. » C’est ce que l’on pouvait lire sur une pancarte d’un manifestant du collectif « Touche pas à ma zone humide » en juin dernier à l’occasion du premier conseil communautaire. Un slogan affichant le positionnement du collectif comme tant d’autres pancartes, à un seul détail près : il fait référence à Amazon. Et après un travail de recherche, il apparait que la mèche a été allumée par inadvertance. Depuis, Amazon revient souvent comme pouvant être « le géant du e-commerce » qui s’installerait dans les bâtiments de PRD si le projet de plateforme logistique au sein de la zone Sylva 21 voyait le jour. Or, nous n’en savons strictement rien pour l'affirmer et l’information est purement hasardeuse.

 

Tout a commencé lorsque le dossier PRD est revenu sur le devant de la scène médiatique régionale il y a quelques mois, au moment où le JDD annonçait qu’Ali Baba envisageait de se développer en France, notamment sur un site à Belin-Béliet. Si le JDD (plus tard suivi par Sud-Ouest) n’a jamais démenti cette information que la CdC et le groupe PRD réfutent, ils n’ont en revanche jamais parlé d’Amazon. Le nom de l’entreprise française est en revanche cité par "La Relève et la peste", un media et maison d'édition indépendant se présentant comme étant fondé sur des valeurs humanistes, écologistes et antiracistes. Dans un article daté du 10 juin 2019, ce média donnait la parole à Alma Dufour, chargée des dossiers de surproduction et de surconsommation chez Les Amis de la Terre France. Une intervention axée sur le développement des entrepôts Amazon de la part de l'association ayant une antenne locale à Belin-Béliet, qui elle-même fait partie du collectif « Touche pas à ma zone humide » qui milite contre le projet de plateforme logistique au sein de la cité d’Aliénor. 


« Il s’agit d’une confusion »


Dans cet article toujours consultable sur leur site et intitulé « France : Amazon veut doubler son nombre d’entrepôts d’ici 2021, un danger écologique et économique » le média met en lumière le travail d’enquête de l’association « Les Amis de la Terre France » et entame l’article en allant au cœur du sujet :

 

« Flixecourt (Somme), Ensisheim (Haut-Rhin), Dambach-la-Ville (Bas-Rhin), Lumunoc’h (Finistère), Fournès (Gard), Seynod (Haute-Savoie), Colombier-Saugnieu (Rhône), Rouen (Seine-Maritime), Augny et Marly (Moselle), Belin-Béliet (Gironde), Champtocé-sur-Loire (Maine-et-Loire) : ces noms qui ne vous disent peut-être rien sont ceux de villes et de communes où Amazon cherche à construire de nouveaux entrepôts. » 

 

Or, Belin-Béliet n’a jamais été cité comme étant potentiellement visé par Amazon. Contactée par nos soins, Alma Dufour a confirmé qu’il s’agissait d’un amalgame entre les bruits de couloirs qui annonçaient la venue d’Alibaba dans la localité et le projet du géant américain du Web. Seul hic, l’article a déjà été massivement partagé sur les réseaux sociaux. Depuis, cette information semble faire son petit chemin.