Par Corentin Barsacq

Les élus du Val de l’Eyre ont approuvé mercredi 02 décembre, les mesures de compensation environnementale liées au projet de plateforme logistique et industrielle porté par le groupe PRD. Une décision prise alors qu’une cinquantaine d’opposants manifestaient à l’extérieur de la mairie de Belin-Béliet.
« Sans PRD, un autre Val de l’Eyre est possible », affichait l’une des banderoles brandies par les membres de la coordination Touche pas à ma zone humide. Rassemblés à une cinquantaine devant l’hôtel de ville, ils ont fait entendre leur position à l’arrivée des élus, venus participer au conseil communautaire largement consacré aux mesures écologiques proposées par le porteur de projet.
À l’intérieur, les discussions se sont tenues sous le regard attentif de plusieurs opposants, restés silencieux dans le public mais bien déterminés à suivre de près les décisions autour de ce dossier sensible.
Vice-présidente en charge du développement économique, Blandine Sarrazin a tout d’abord rappelé les contours de ce « pôle logistique et industriel », à savoir 53 000 m2 de bâtiments qui comprendront 2200 m2 de bureaux, sur une parcelle de quinze hectares de la zone d’activité économique Sylva 21 : « Le projet déposé en 2025 ne s’inscrit pas dans la continuité ni dans une adaptation de celui présenté en 2019 », considérait la maire du Barp, indiquant qu’on parle ici d’un investissement d’environ 50 millions d’euros.
« Pas d’intérêt écologique majeur »
Blandine Sarrazin s’est ensuite attardée sur les parcelles qui pourraient accueillir le projet : « Constituées de landes, elles ne présentent pas d’intérêt écologique majeur », tandis que le président de l’intercommunalité Bruno Bureau abondera plus tard : « Ce projet a lieu dans une zone d’activité économique, sur un terrain qui a toujours été classé comme tel, et qui est devenu une zone humide par une coupe rase préalable ».
La délibération a ensuite détaillé « la démarche intégrée et ambitieuse en matière d’efficacité énergétique ». Centrale photovoltaïque en toiture de plus de 24 000 m2, « gestion rigoureuse et innovante des eaux pluviales », dispositifs écologiques comme des noues végétalisées, le promoteur immobilier souhaitait démontrer « son engagement fort en matière de gestion performante, durable et respectueuse des milieux naturels ».
« Un projet repeint en vert »
Enfin, PRD contribuera à la restauration de plus de 50 hectares de parcelles publiques sur les communes de Belin-Béliet, Salles et Saint-Magne, et cela, pour une durée minimale de trente ans : « Aucune collectivité n’aurait la capacité financière et technique pour engager de telles actions », a conclu Blandine Sarrazin. Pour l’élu sallois Dominique Baude, ce projet « légèrement revu à la baisse et repeint en vert » artificialisera 15 hectares, dont au moins la moitié en zone humide et détruira 18 espèces protégées » pour des emplois « pénibles et bas de gamme ». « On n’a pas dit que c’était une plateforme logistique. Ça peut très bien être de l’industrie. Et pour quels types d’emploi ? Aujourd’hui on ne sait pas. Mais je pense qu’on a besoin d’avoir des emplois dans le Val de l’Eyre » répondait Blandine Sarrazin.
L'élu de Salles Patrick Antigny a quant à lui confié ses craintes en matière de circulation des poids lourds et de gestion des eaux pluviales. De son côté, Rédouane Louaazizi a questionné Bruno Bureau sur le référendum promis par le président de la Communauté de communes dans nos colonnes il y encore quelques mois : « Ce n’est pas exclu. Mais c’est la nouvelle équipe (NDLR : intercommunautaire) qui décidera d’un nouveau référendum. On consulte d’abord les citoyens avant de délibérer » se défendait l’élu, évoquant la consultation publique obligatoire lancée dès lors que la préfecture aura nommé un commissaire enquêteur.
À l’issue des discussions, le conseil communautaire a émis un avis favorable sur la demande d’autorisation environnementale déposée par PRD. Quatre élus s’y sont opposés et un s’est abstenu. Cette validation marque une nouvelle étape dans un dossier qui avance, malgré des interrogations toujours vives : le nom – ou les noms – des entreprises appelées à s’installer sur le site reste inconnu, laissant planer une part d’incertitude au cœur même du projet.
