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Élections à Belin-Béliet : Rédouane Louaazizi en tête, Bernard Rablade refuse une alliance avec Patrick Fayada (RN)

Par Corentin Barsacq

Belin-Béliet sera la seule commune du Val de l'Eyre à voter lors du second tour./Photo d'illustration DR.
Belin-Béliet sera la seule commune du Val de l'Eyre à voter lors du second tour./Photo d'illustration DR.

À Belin-Béliet, Rédouane Louaazizi vire en tête au premier tour, sans toutefois se détacher définitivement. Bernard Rablade, deuxième, exclut toute alliance avec le RN de Patrick Fayada, troisième candidat encore en lice.

 

Un peu avant 20 heures, dimanche soir, certains visages laissaient déjà entrevoir une tendance claire. Au fil du dépouillement, les doutes se dissipaient dans l’ensemble des bureaux de vote : Rédouane Louaazizi s’imposait en tête de ce premier tour. Il aura toutefois fallu attendre une demi-heure pour entériner cette dynamique lors de l’annonce des résultats par le maire Cyrille Declercq. 

Avec 44,53 % des suffrages, Rédouane Louaazizi devance nettement Bernard Rablade, qui recueille 29,67 % des voix. « Nous sommes en première position, mais rien n’est encore gagné », tempère l’actuel élu d’opposition « Dynamisons Belin-Béliet ».

 

Dans le camp de la liste « Vivre Belin-Béliet », l’attention se portait notamment sur les bulletins nuls. Une erreur de dernière minute a en effet rendu invalides des bulletins distribués dans les boîtes aux lettres par l’équipe de Bernard Rablade. Au total, 44 votes nuls ont été recensés, un chiffre toutefois sans incidence directe sur l’écart de 473 voix qui sépare les deux candidats : « 55,5 % des votants n’ont pas choisi la liste arrivée en tête. Cela veut dire une chose : l’espoir est là, et nous pouvons gagner » a réagi Bernard Rablade, au lendemain du scrutin. 

 

Pas de fusion de liste

 

En troisième position, Patrick Fayada, candidat du Rassemblement national, obtient 25,80 % des suffrages. « Si le second tour se présente de la même manière, nous aurons un groupe au sein du conseil municipal pour représenter notre électorat », estime-t-il. Dans une commune du Val de l’Eyre où le parti d’extrême droite réalise habituellement des scores élevés, ce résultat traduit une certaine dispersion de l’électorat.

 

Au soir du premier tour, Patrick Fayada indique avoir proposé une fusion de liste à Bernard Rablade. Une initiative immédiatement écartée par ce dernier : « Il s’agit de la troisième demande d’alliance qu’il me présente. J’ai toujours refusé depuis la première. Il est inconcevable de trahir ma liste pour un parti politique qui ne m’intéresse pas. On n’est pas à Matignon », réagit-il.

 

Selon Patrick Fayada, ce refus réduit les possibilités de recomposition en vue du second tour, « puisque c’est Bernard Rablade qui aurait pris la tête de cette fusion ». Le candidat du Rassemblement national reconnaît par ailleurs ne pas s’attendre à une telle avance de Rédouane Louaazizi, qu’il qualifie de « Macroniste qui a glissé à l’extrême gauche ».

 

Convaincre les abstentionnistes

 

Des propos que ce dernier ne souhaite pas commenter : « Je préfère me concentrer sur mon programme. Quand on n’arrive pas à tenir une équipe, ça craint pour la suite », déclare-t-il, en référence à des prises de position sur les réseaux sociaux de deux colistiers de Patrick Fayada, qui ont exprimé leur souhait de se désolidariser de la campagne.

 

Dans cet entre-deux tours sans alliance, chaque candidat affine sa stratégie. Patrick Fayada a annulé sa réunion publique prévue mercredi, préférant aller « au contact des habitants ». De son côté, Bernard Rablade organise une réunion publique vendredi 20 mars à 19 heures, à la salle des fêtes de Béliet, avec l’ambition de « faire table rase de la politique » et de rassembler au-delà des clivages.

 

Simultanément, Rédouane Louaazizi organisera un débat avec les habitants à la salle des fêtes de Belin à 19h15. Son objectif : « convaincre les 35 % d’électeurs qui ne se sont pas déplacés lors du premier tour. » Avec un taux de participation établi à 63,8 %, la mobilisation des abstentionnistes pourrait en effet peser sur l’issue du scrutin, dans une élection dont le second tour demeure, à ce stade, ouvert.