Par Corentin Barsacq

À quelques semaines des élections municipales, le dernier conseil municipal de Belin-Béliet présidé par Cyrille Declercq a été marqué par plusieurs mises au point. Le maire sortant a notamment répondu à des déclarations d’opposants et critiqué des élus de sa majorité engagés sur une autre liste sans avoir démissionné.
Il l’avait annoncé depuis plusieurs mois : il ne briguerait pas de nouveau mandat. Jeudi 5 mars au soir, Cyrille Declercq a donc présidé une ultime fois le Conseil municipal de Belin-Béliet. Une séance rapide sur le plan administratif, mais marquée par plusieurs échanges directs et parfois piquants à l’approche des élections municipales.
À l’ordre du jour figuraient notamment l’adoption des séjours organisés par l’Accueil de loisirs et le Point Rencontre Jeunes, ainsi que la signature d’une convention avec un cabinet vétérinaire pour la capture et la stérilisation des chats errants sur la commune.
Mais c’est en fin de séance que le ton s’est durci. Le maire a tenu à revenir sur plusieurs déclarations entendues ces dernières semaines durant la campagne électorale, des propos qui l’ont, selon ses mots, « chagriné ».
Il a d’abord évoqué une phrase qu’aurait prononcée le candidat Rédouane Louaazizi lors d’une réunion publique au sujet du problème d’écoulement des eaux pluviales dans le secteur de Cavernes :
« Vous auriez tenu comme propos que s’il y avait un élu de Cavernes dans la majorité actuelle, cela aurait été réglé depuis bien longtemps », a déclaré l’édile, jugeant ces propos « diffamatoire ». L’élu a ensuite affirmé que tout le travail préparatoire avait été mené sur ce dossier et que cette déclaration « n’était pas digne de quelqu’un qui veut être élu comme maire ».
Au sujet du Graoux, le maire charge le RN
Dans la même veine, Cyrille Declercq s’en est également pris à des déclarations du candidat RN Patrick Fayada, sans le nommer, concernant au projet de centre de migrants sur la commune qui s’est avéré inexistant. L’élu a jugé « regrettable et lamentable de dire des choses qui sont totalement fausses et de les affirmer à deux reprises au cours de la mandature », évoquant la « psychose » provoquée par cette rumeur.
Mais le moment le plus tendu de la séance est intervenu lorsque le maire a abordé le cas d’élus de la majorité ayant décidé de rejoindre une autre liste pour les municipales. « C’est leur droit mais néanmoins, on démissionne quand c’est comme ça. Ces mêmes personnes ont demandé à quelqu’un qui nous avait rejoint en 2020 de démissionner, ce qui avait été fait. Lorsqu’on le demande aux autres, on se l’applique à soi-même », a lancé Cyrille Declercq, visiblement agacé. Quatre élus de la majorité ont en effet rejoint la liste menée par l’élu d’opposition Bernard Rablade. Mais parmi eux, Marlène Fonta n’est pas restée silencieuse, évoquant une réponse apportée à un mail émanant du premier adjoint Jean-Pierre Ducournau il y a quelques mois : « « J’ai répondu que je ne souhaitais pas repartir en campagne avec vous et j’ai mis ma démission sur la table. Je n’ai eu aucune réponse ».
Une explication aussitôt contestée par le maire : « Il appartient à chacun de la donner soi-même », a-t-il répondu. Marlène Fonta a alors conclu l’échange par une dernière réplique : « C’est bien d’être moralisateur sur le dernier Conseil municipal, mais je pense qu’il faut aussi regarder tout ce qui s’est mal passé. On peut partager les torts, mais il faut aussi balayer devant sa porte ».
« 85 % des engagements réalisés »
Dans une atmosphère alourdie par ces échanges, Cyrille Declercq a finalement tenu à terminer la séance sur un ton plus rassembleur.
Le maire s’est félicité du travail accompli par son équipe municipale, estimant que celle-ci avait permis de réaliser « 85% des engagements » pris au début de la mandature. Il a également souligné que la situation financière de la commune était « excellente et autorisait la commune à poursuivre sa marche en avant à un rythme soutenu ». L’élu a aussi salué le professionnalisme des agents de la commune et de la communauté de communes du Val de l’Eyre. S’adressant enfin aux futurs élus, Cyrille Declercq a souhaité que l’entente perdure au sein de l’intercommunalité « comme elle l’a toujours été et que l’intérêt général de territoire restera le socle leitmotiv des nouveaux décideurs ».
Avant de conclure par un appel à l’apaisement dans la dernière ligne droite de la campagne : « Il ne faut pas oublier que la cohabitation municipale doit durer six ans et que tout passif peut entacher le bon fonctionnement de l’institution communale », a-t-il rappelé, avant d’inviter à « une fin de campagne plus sereine et respectueux ».
