Par Corentin Barsacq

Devenu malgré lui un enjeu des élections municipales, le centre du Graoux semble dans l’impasse, annonce ses propriétaires. Ni projet, ni centre de migrants, ne figurent au programme de ce lieu.
Le Graoux, un écrin endormi qui fait pourtant grand bruit…Si les Belinétois souhaitent en grande partie retrouver de l’animation au sein de l’ancien centre du Graoux, ils n’en demandaient certainement pas autant au cœur de cette campagne des municipales. Une agitation étonnante pour un complexe fermé depuis plus de dix ans suite à l’arrêt de ses activités par le Parc naturel régional des Landes de Gascogne, propriétaire des lieux. Depuis, le site se détériore malgré un entretien maintenu, mais bien insuffisant face aux aléas de la météo et des dégradations commises. À vrai dire, hormis le projet de réserve naturelle régionale du Marais du Graoux, initié par le Parc depuis quelques années, on ignorait encore il y a peu les ambitions réelles concernant les bâtiments.
Pas de centre de migrants en projet
Désireux d’insuffler un projet nouveau en concertation avec le syndicat mixte, Rédouane Louaazizi a fait du Graoux un point de son programme : « Si notre équipe n’est pas élue, il ne se passera rien pour le Graoux durant le prochain mandat » avait-il déclaré lors de l’une de ses réunions thématiques. Dans le même temps, Patrick Fayada, candidat du Rassemblement National avait, dans l’un de ses tracts, évoqué son refus de tout centre de migrants sur la commune. Aucun n’est pourtant en projet, mais le professeur de sport avait évoqué la possible « réquisition du site par la préfecture afin d’utiliser les locaux vacants comme un centre de migrants ».

Une théorie plus qu’une vérité puisque dans un communiqué de presse paru le 25 février, le Parc naturel régional des Landes de Gascogne avait indiqué qu’aucun projet, autre que la Réserve naturelle régionale, n’était engagé sur ce site. Lors de sa réunion publique du 1er mars, et malgré ce démenti, Patrick Fayada a tenté de s'expliquer, citant notamment une enquête du Haut-Commissariat aux Réfugiés menée à Belin-Béliet au cours du mois d’avril 2025, et qui, toujours d’après lui, « est très souvent préparatoire à l’implantation d’un camp de migrants ».
Assurant s’appuyer « sur des faits tangibles », il cite également le Pacte Asile Immigration « qui entraînera un appel d’air d’immigration illégale vers la France ». Autant d’éléments qui ont attiré les regards de la presse régionale qui n’a pas tardé à s’intéresser à ce projet inexistant, mais tout de même combattu par le candidat.
« Nous porterons un projet au sein du Parc »
Toujours dans son communiqué, le Parc avait rappelé « la neutralité du Syndicat mixte vis-à-vis des différents candidats auprès desquels aucune discussion n’a été menée ». Dans son programme, Rédouane Louaazizi maintient son souhait « de rouvrir le site du Graoux aux citoyens, de redonner une vocation associative au site et de mutualiser nos projets avec le Parc naturel régional des Landes de Gascogne ».
Lors de sa réunion publique de ce samedi 7 mars, l’élu d’opposition et candidat a fait une mise au point sur le centre du Graoux, « et non le centre de migrants », en laissant le soin à son homologue Alain de Sigoyer de s’en expliquer : « La commune de Belin-Béliet n'est pas étrangère aux mécanismes de décisions du Parc puisqu’elle en fait partie. Nous sommes donc tout à la fois, membre, partenaire incontournable et premier territoire concerné par l'avenir du Graoux. Nous porterons un projet au sein du Parc pour rouvrir le site du Graoux aux Belinétois » promettait l’élu, avant de laisser la parole à la tête de liste.

Enfin, Bernard Rablade, silencieux dans son programme à l’égard du centre d’animation, a été interrogé par une habitante à ce sujet, lors de sa première réunion publique organisée le 27 février : « Nous ne nous engagerons pas à aller commander chez les autres. Comment un maire de Belin-Béliet pourrait se permettre d’aller donner des conseils et des ordres à une autre entité ? » s’est-il exprimé.
Quelques jours plus tard, sur les réseaux sociaux, le candidat de « Vivre Belin-Béliet » a affirmé avoir été le seul « à solliciter et obtenir un rendez-vous avec le Parc pour en connaître les intentions ». Dans cette même publication, il s’est engagé à rester « vigilant et proactif dès qu’une opportunité émergera pour redonner vie à ce lieu emblématique de Belin-Béliet ».
Des travaux estimés à 6 millions d’euros ?
S’il y a encore quelques années, le Parc envisageait de faire du Graoux la Maison du Parc et d’y implanter un Pôle régional de médiation et de formation à l’Éducation à l’environnement, des études ont fait état « de travaux trop coûteux » estimés à plus de 6 millions d’euros, toujours selon le syndicat. Un montant exorbitant pour un ancien fleuron environnemental du canton condamné par l’absence de projet porteur et de finances ne permettant pas de lui racheter sa grandeur d’antan, au grand désarroi des habitués du site.
