Par Corentin Barsacq

Ancien élu et porte-drapeau, Jean-Pierre Tiemblo est décédé le 10 février à l’âge de 84 ans. Paloumayre passionné, il était également un fin connaisseur de la forêt.
Toute sa vie aura gravité autour de ces grandes silhouettes sveltes qui tapissent les paysages des Landes de Gascogne. Jean-Pierre Tiemblo était un homme proche de la forêt, presque né dedans, en 1941, d’un père bûcheron établi au Barp. Ses parents y avaient une ferme avec quelques vaches. Un jour d’été 1949, le père Tiemblo avait répondu aux injonctions du tocsin pour aller défier les flammes meurtrières du grand incendie. À son retour, père et fils partaient à la recherche des vaches qui avaient pris peur : « Ils étaient partis chercher les vaches, mais ils ont trouvé des corps calcinés. Cet incendie l’a marqué » explique sa fille.
Bûcheron dès l’âge de 14 ans, le jeune Barpais versait l’intégralité de ses salaires aux parents jusqu’à son mariage, cela afin de payer les études de sa sœur partie pour la capitale. Durant deux ans, il s’absente pour servir la France durant la guerre d’Algérie. À son retour, il a l’opportunité de travailler en tant que chef d’équipe à la Direction départementale de l’équipement à Mios. Il y restera jusqu’à sa retraite.
En forêt, les yeux rivés vers la fièvre bleue
Le 14 octobre 1967, il scelle son union avec Régine Patrouilleau par le sacre du mariage et le couple emménage à Beliet. Régine et lui auront bien des passions communes, à commencer par la danse de salon. Et si Régine n’y allait pas, alors il y allait seul, animé par l’élégance et la passion. Une autre valse, cette fois-ci dans les airs, mobilisait aussi toute son attention. Jean-Pierre Tiemblo était un paloumayre accompli : « Tous les dimanches, nous étions à la palombière » explique Régine. Dans les bois de Cès, sa grande palombière accueillait les copains tous les jours. L’hôte des lieux préparait la saison dès l’arrivée de l’été : « Et du 10 octobre jusqu’au 11 novembre, c’était palombière tous les jours » ajoute Régine.
Trésorier de l’association de chasse, mais aussi porte-drapeau des Anciens combattants, Jean-Pierre Tiemblo ne se contentait pas de la quiétude de sa retraite et cultivait un esprit d’engagement à toute épreuve. Lui, qui avait vu les flammes s’approcher de sa ferme durant l’enfance avait rejoint la caserne de Belin-Béliet en tant que sapeur-pompier volontaire et porta l’uniforme pendant 26 ans, presque comme un signe de revanche. Membre de la DFCI, il avait été un repère important pour les sapeurs-pompiers durant les incendies de l’été 2022.
Un élu délégué à la forêt
Ne rechignant jamais à couper du bois, à aider les amis ou à faire ronfler le moteur de son fidèle tracteur, l’ancien pompier était une figure reconnue dans le massif forestier. Enfin, il fut aussi conseiller municipal durant 19 ans. Il avait d’abord rejoint la liste d’Alain Peronnau, puis fut aux côtés de Marie-Christine Lemonnier durant ses deux mandats. Jeudi soir, le Conseil municipal lui a rendu hommage en observant une minute de silence. Jean-Pierre Tiemblo s’est éteint à l’âge de 84 ans à la suite d’une éprouvante maladie. Ses obsèques religieuses se dérouleront le mercredi 18 février à 10h en l’église du Barp, suivi de l’inhumation au cimetière de Béliet.
Le Belinétois présente ses plus sincères condoléances à sa famille et ses proches.
