Par Corentin Barsacq

La Mission régionale d’autorité environnementale (MRAe) de Nouvelle-Aquitaine a publié, il y a quelques jours, un avis au sujet du projet PRD et de son pôle logistique et industriel envisagé à Belin-Béliet.
De nouvelles études viennent s’ajouter à l’épais dossier du projet de pôle logistique et industriel qui pourrait sortir de terre à Belin-Béliet, dans les prochaines années. La Mission régionale d’autorité environnementale a récemment publié son avis concernant le projet PRD.
Repéré par La Dépêche du Bassin, le document publié le 12 janvier rappelle d’abord l’envergure d’un projet gigantesque : 53 000 m2 de surface bâtie avec 11 cellules de stockage, 49 quais de chargement, un parking de 263 places, tout cela réparti sur 14,9 hectares de la zone d’activités Sylva 21 de Belin-Béliet. Proposé en location ou à la vente, ce bâtiment pourrait accueillir jusqu’à 160 salariés en simultané. En outre, trois bassins de rétentions étanches seront aménagés sur site.
« Une espèce quasi-menacée »
Dans son rapport, la MRAe évoque d’abord le site d’implantation désiré par le promoteur PRD. Il n’abrite pas moins de 194 espèces végétales, dont plusieurs protégés. La structure relève également des enjeux liés à la présence de plusieurs espèces d’oiseaux, de chiroptères, d’amphibiens et d’insectes. Surtout, le milieu est en grande partie l’habitat du Fadet des Laîches, un papillon protégé et considéré comme quasi-menacé.
Si PRD s’est engagé à réaliser des mesures de compensation sur plusieurs secteurs du Val de l’Eyre, il n’évitera pas la destruction de 6,84 hectares de zones humides. Aussi, le projet nécessite un défrichement de 53 hectares, dont 16 pour les parcelles du projet, le reste concernant les sites où seront réalisées les compensations.
Le projet prévoit un drainage du site et la collecte des eaux de voiries, avec une évacuation vers un bassin de rétention. Malgré cela, le rapport relève une augmentation des débits vers le ruisseau de la Grande-Solle, entraînant un questionnement sur l’incidence de l’augmentation des débits sur le réseau hydrographique. Sur le volet routier, le trafic maximum est estimé à 180 poids lourds et 210 véhicules légers qui entreront dans la zone Sylva 21 de 4h à 22h : « Le principal poste d’émission est lié au fret routier qui représente environ 82 % des émissions » précise la MRAe, qui a évalué l’impact du projet à 29 234 tonnes équivalent CO2 par an.
« De forts enjeux environnementaux »
Enfin, le rapport s’interroge sur la cohérence du projet avec le Plan Climat Air Énergie Territorial qui concerne le territoire du Val de l’Eyre et qui comporte des objectifs de limitation des émissions de gaz à effet de serre. En guise de conclusion, la MRAe relève que le site d’implantation « concentre de forts enjeux environnementaux » et que l’analyse des incidences et des mesures appellent plusieurs observations ». Le pôle logistique et industriel aura « un impact résiduel fort » et « amène à s’interroger sur la pertinence de ce choix d’implantation par rapport à un évitement qui semblerait plus adapté ».
