Par Corentin Barsacq

Une réunion publique consacrée aux obligations légales de débroussaillement (OLD) se tenait le 17 décembre à la salle des fêtes de Béliet, à l’initiative de l’Office national des forêts. Un rendez-vous important, mais qui n’a attiré qu’une poignée de participants.
Devant une dizaine de personnes — majoritairement des élus ou agents communaux — le maire Cyrille Declercq n’a pas caché sa déception : « Je regrette que l’on ne soit pas plus nombreux malgré l’importance du sujet ». Un constat partagé, tant la question du débroussaillement concerne une très large majorité des habitants de la commune.
Spécialistes de la défense de la forêt contre les incendies, Anthony Babin et Julien Labecot, techniciens forêt à l’ONF, ont rappelé que l’obligation légale de débroussaillement existe depuis 1985 dans le Code forestier. Longtemps peu appliquée, elle a été renforcée ces dernières années dans les départements particulièrement exposés aux feux de forêt, comme la Gironde.
Présente dans le Code forestier depuis 1985, l’obligation légale de débroussaillement est devenue, depuis 2023, applicable dans les départements classés à risque d’incendie, dont fait partie la Gironde. L’objectif est simple : réduire la masse de végétation autour des constructions pour freiner la propagation des feux de forêt et protéger les biens et les personnes. À Belin-Béliet, le risque est réel : selon les services forestiers, 98 % de la surface communale est soumise aux OLD, soit 92 % des 6 398 bâtiments présents sur la commune.
Concrètement, que doit-on faire ?
Contrairement aux idées reçues, le débroussaillement ne consiste pas à raser la végétation. « Il s’agit de réduire la masse combustible autour des constructions afin de limiter la propagation d’un incendie », a expliqué Anthony Babin. Concrètement, les propriétaires doivent débroussailler sur 50 mètres autour des bâtiments, et parfois davantage selon la configuration des lieux.
L’objectif est double : ralentir l’avancée du feu et faciliter l’intervention des secours. Cela passe notamment par la coupe de la végétation basse, l’élagage des branches basses et la limitation de la continuité entre les arbres. « Le feu ne doit pas pouvoir monter facilement en hauteur », a précisé Julien Labecot.

Ces obligations s’appliquent également dans une bande de 200 mètres autour des zones à risque. Autre point souvent méconnu : le débroussaillement peut s’imposer au-delà des limites de son propre terrain. Lorsqu’un bâtiment est situé à proximité d’une parcelle voisine, le propriétaire doit demander l’autorisation d’y accéder pour réaliser les travaux nécessaires. En l’absence de réponse sous un mois, la charge du débroussaillement revient alors au propriétaire forestier concerné.
Les techniciens de l’ONF ont pris le temps d’aborder les nombreux cas particuliers et de répondre aux questions du public. Ils ont surtout insisté sur un message clé : le débroussaillement n’est pas seulement une contrainte réglementaire, mais un acte de prévention essentiel, à l’échelle individuelle comme collective. Dans un contexte de réchauffement climatique et d’augmentation des périodes de sécheresse, ces obligations sont appelées à jouer un rôle central dans la protection des habitations et des habitants.
Pour plus d'informations : https://www.dfci-aquitaine.fr/je-suis-un-particulier/autour-de-la-maison/debroussaillement
