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Val de l’Eyre : le marché de Belin déplacé à Béliet : « On espère que les clients nous suivront »

Par Corentin Barsacq

Les commerçants du marché seront à Béliet à partir de ce vendredi 8 mars./Photo LB Corentin Barsacq
Les commerçants du marché seront à Béliet à partir de ce vendredi 8 mars./Photo LB Corentin Barsacq

À compter de ce vendredi 8 mars, les commerçants du marché se retrouveront sur la place des Frères Estrémé à Béliet. La municipalité lance la rénovation de la place de l’église, et les commerçants attendaient cela avec une grande impatience. 

 

« Regardez les flaques, on dirait qu’un ruisseau traverse la place ». Au matin de ce vendredi 2 mars, la météo capricieuse semble avoir eu raison de la clientèle. Les irréductibles habitués sont tout de même présents pour ce dernier marché à Belin, avant plusieurs mois de travaux sur la place. La municipalité débute en effet la rénovation de la place de l’église, dernière étape de la troisième phase de la convention d’aménagement de bourg lancée sous l’ancienne mandature. 

" Dès qu'il pleut, les clients marchent dans la boue " explique un commerçant itinérant./Photo LB Corentin Barsacq
" Dès qu'il pleut, les clients marchent dans la boue " explique un commerçant itinérant./Photo LB Corentin Barsacq

Présenté à la population lors d’une réunion publique organisée en février 2023, le projet de réfection de la place du marché vise à créer un revêtement en béton, pour ensuite instaurer deux niveaux avec l’ajout de végétaux. Sur le papier, le boucher Pierre Lafage est emballé : « Vu l’état actuel de la place, c’est une bonne chose de déménager temporairement ». Car pour le prochain marché, c’est à Béliet, sur la place des Frères Estrémé, que les commerçants du marché devront déballer leurs étals. « Ça nous fera connaître auprès d’autres clients », abonde Claudia Lafage. 

 

De Belin à Béliet… Il n’y a pas qu’un pas

 

Au moment de sélectionner la viande de son choix, une cliente rassure le couple : « Vous aurez plus d’espace à Béliet, ça sera plus propre. Ça va bien se passer », explique cette habitante de Béliet. À l’autre bout du marché, Marion et Mathieu sont les petits nouveaux parmi les commerçants non-sédentaires. Ces apiculteurs installés à Mano n’ont pas d’a priori avant le déplacement temporaire du marché : « On ne sait pas combien de temps ça va durer, mais nous sommes plutôt contents. Maintenant, il faut voir si les clients se déplaceront aussi ». 

Dans la famille Dupin, on connait les clients de Belin depuis des années: "Ici, c'est un marché à l'ancienne"./Photo LB Corentin Barsacq
Dans la famille Dupin, on connait les clients de Belin depuis des années: "Ici, c'est un marché à l'ancienne"./Photo LB Corentin Barsacq

C’est là toute la crainte partagée par l’ensemble des professionnels. Pour le boucher Joël Dupin, les travaux engagés depuis maintenant de nombreux mois ont déjà affecté la fréquentation des lieux : « Il y a moins de monde depuis que les travaux ont débuté. Les gens ne savent pas où se garer » observe-t-il, tout en jugeant cette réfection de la place utile.

Constat similaire pour sa fille Pauline, coiffeuse itinérante : « J’espère que les clients de Belin viendront à Béliet… Mais beaucoup viennent à pied avec leur chariot. »

 

« Ça ne peut pas être pire qu’actuellement » 

 

Victor Carn, des Bons légumes de Mémé, avance l’idée de créer une navette : « Ça permettrait aux personnes âgées de venir à Béliet le temps des travaux vu que nous sommes obligés de passer par là ». Alain est un habitant de Belin, habitué à retrouver les commerçants du vendredi matin. Lorsqu’on le questionne sur le déménagement temporaire du marché, la réponse est sans ambages : « Ça me gonfle. J’aime venir ici à pied depuis la maison. On a l’habitude. Je suis moins enclin à aller à Béliet ». Surtout, ce Belinétois perçoit mal le devenir de la place : « Je ne comprends pas pourquoi ils ont coupé les arbres, pourquoi la coulée douce est plus large que la route… » 

"On ne sait pas si les clients vont venir jusqu'à Béliet" s'interroge Victor Carn, marchand de fruits et légumes./Photo LB Corentin Barsacq.
"On ne sait pas si les clients vont venir jusqu'à Béliet" s'interroge Victor Carn, marchand de fruits et légumes./Photo LB Corentin Barsacq.

Sur ce dernier point, les commerçants partagent un même point de vue : « Dans tous les cas, ça ne peut pas être pire qu’actuellement » répondent-ils à l’unisson. « Après, on pourra venir en chaussons » s’amuse même Pierre Lafage.