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Belin-Béliet : l’association "Une pierre à l’édifice" s’inquiète de l’état des églises

Par Corentin Barsacq

Alain De Sigoyer a coanimé cette assemblée générale aux côtés de Rosa Das Neves./Photo Le Belinétois
Alain De Sigoyer a coanimé cette assemblée générale aux côtés de Rosa Das Neves./Photo Le Belinétois

En assemblée générale au soir du vendredi 29 septembre, l’association « Une pierre à l’édifice » est revenue sur les différentes actions organisées en cours d’année, mais aussi sur l’état des lieux du patrimoine, avec des craintes émises concernant les églises Saint-Maurice et Saint-Pierre de Mons.

 

« Les églises prennent l’eau ». C’est en substance, le message que les participants à l’assemblée générale de l’association "Une pierre à l’édifice"ont pu saisir, images à l’appui, vendredi soir dans la salle des fêtes de Béliet. Il faut dire qu’Alain de Sigoyer, président de l’association également élu d’opposition au sein du groupe « Dynamisons Belin-Béliet naturellement » a fait du patrimoine un combat personnel.

 

C’est d’ailleurs ce qu’il a rappelé en préambule de cette assemblée générale au moment de retracer la genèse d’Une pierre à l’édifice dont la création remonte à 2011. « Le but était de venir en aide au patrimoine délaissé, en l’occurrence l’église Saint-Maurice de Béliet fermée au public depuis 23 ans, après le passage de la tempête Martin en 1999 » se remémore le Belinétois.

 

Lire aussi : Église Saint-Maurice de Béliet, un combat pour préserver l’Histoire

 

Depuis, si l’édifice n’a jamais rouvert ses portes en raison d’un clocher trop fragile, l’association n’a pas chômé pour être aux petits soins du patrimoine local. Par le biais de chantiers participatifs, les bénévoles ont notamment organisé un nettoyage de l’église Saint-Maurice l’an dernier, sans oublier d’importants travaux réalisés sur la fontaine Saint-Clair à Mons et un nettoyage du lavoir de Béliet. Un autre chantier participatif sera organisé le samedi 14 octobre entre les murs de l’église de Béliet. « Grâce à nous, l’église Saint-Maurice a en elle quelque chose de permanent » se félicitait Alain de Sigoyer, louant l’utilité des nettoyages participatifs. Enfin, l’association s’est récemment mobilisée pour les Journées du patrimoine en co-organisant des expositions ainsi que des visites de l’église Saint-Pierre de Mons, autre protégée d’Une pierre à l’édifice.

 

« S’il pleuvait dans la salle du Conseil municipal … »

 

C’est sur son airial que la grande fête organisée durant l’été en l’honneur d’Aliénor a réuni plus de 1300 visiteurs et une centaine de bénévoles appartenant à 25 associations dont "Une pierre à l’édifice", un des acteurs phares du projet. L’heure des réjouissances a ensuite laissé place à l’inquiétude. Car si l’association ne manque pas de projets pour 2024 comme la réalisation d’un fascicule dédié à l’histoire riche de l’église Saint-Maurice, elle fait face à des problématiques aussi bien à l’église de Mons qu’à Béliet. Lors des Journées européennes du patrimoine organisées en septembre dernier, les bénévoles ont pu constater la présence de gouttières dans l’édifice datée du XIe siècle et ont dû se résoudre à décrocher des photographies rendues inexploitables en raison de la pluie au sein même de l’église.

 

Autre action réalisée en lien avec une toiture qui ne cesse de s’affaiblir, le décrochage des précieux tableaux qu’abrite l’église de Mons, notamment une reproduction de la Cène offerte par l’empereur Napoléon III au peuple de la localité. « Ces œuvres sont désormais en lieu sûr » tempérait Alain de Sigoyer, avant d’évoquer l’église Saint-Maurice de Béliet. Si la municipalité avait annoncé à l’association qu’elle n’avait pas le budget nécessaire pour entreprendre un vaste chantier de réfection du clocher, l’humidité est une nouvelle fois une source d’inquiétude : « Chaque année, on découvre de nouvelles gouttières qui proviennent d’un manque d’entretien des chéneaux, une pièce en zinc qui récupère l’eau de pluie » constate le président de l’association.

 

Résultat : le mur d’une chapelle de l’église se charge en moisissures tandis que des termites ont d’ores et déjà élu domicile ici même. « S’il pleuvait dans la salle du Conseil municipal, on n’attendrait pas des années pour appeler un couvreur » lâchait Alain de Sigoyer. Notons qu’une visite récente de l’église en compagnie d’un élu de la commune a permis d’alerter la municipalité à ce sujet. Une satisfaction pour les bénévoles qui espèrent maintenant une action pour colmater ces fuites.