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Haute-Lande : Zik’a Mano, ce petit festival qui ne veut pas devenir grand

Par Corentin Barsacq

Sylvie Aussudre et Thierry Besset ont créé un festival chez eux, sur un airial à Mano./Photo LB
Sylvie Aussudre et Thierry Besset ont créé un festival chez eux, sur un airial à Mano./Photo LB

La quinzième édition du festival Zik’a Mano se déroulera les 30 juin et 1er juillet dans un lieu bien connu du public fidèle, l’antre de Sylvie Aussudre et Thierry Besset. Depuis 2008, le couple est aux manettes d’un événement qui se plaît dans sa modestie sous les pins des Landes à Mano. 

 

« À chaque Zik’a Mano, on multiplie la population de Mano par quatre ». Telle est la fierté de Sylvie Aussudre et Thierry Besset, les instigateurs d’un festival désormais phare dans la Haute-Lande. Les vendredi 30 juin et samedi 1er juillet, la quinzième édition de Zik’a Mano se déroulera au chemin de Baloze, dans le havre de paix perturbé une fois dans l’année, le temps d’un week-end festif. C’est d’ailleurs pour faire partager la beauté d’un site de plus de deux hectares que le couple originaire de région parisienne a dessiné petit à petit un projet de fête locale inédite en son temps. 

 

En 2006, Sylvie et Thierry, lassés de l’environnement parisien, posaient leurs valises dans le petit village de Mano. « On voulait de l’espace, pas trop de voisins, du bois et des pierres » lâche Thierry au moment de raconter la genèse de Zik’à Mano. C’est ainsi que la petite famille s’installe dans un airial à Mano, sublimé par une maison typiquement landaise. Se lançant d’abord dans les chambres d’hôtes, le couple disposant d’une yourte pour y passer un séjour quelque peu insolite, l’idée d’organiser un festival germe peu à peu. « Un jour, on mangeait dehors et Thierry s’est mis à me dire : « Tu ne verrais pas une scène ici ? Un bar là-bas ? » C’est comme ça que Zik’a Mano est né » se remémore Sylvie, emballée par l’aventure. 

 

« Le premier Zik’a Mano, comme un gros mariage »

 

Le premier Zik’a Mano a lieu en 2008. Près de 120 personnes y assistent, attirées par le désir du couple d’ouvrir le festival sur la musique du monde et tout cela d’une manière gratuite : « C’était comme un gros mariage. On voulait mélanger tous les continents » explique Thierry, salarié dans une compagnie aérienne. Peu à peu, le réseau du couple s’étoffe. À quelques encablures de Luxey et son Musicalarue, Zik’a Mano se présente aux antipodes d’un festival de masse : « Nous n’avons jamais voulu devenir gros » insiste le couple. Loin d’être atteints par le syndrome de Peter Pan, les organisateurs souhaitent avant tout préserver le site, garder le caractère accessible de la démarche et servir de tremplin pour des artistes du cru mais aussi d’ailleurs.

Plus de 15 groupes ou artistes monteront sur la scène de Zik'a Mano./Photo archives Zik'a Mano
Plus de 15 groupes ou artistes monteront sur la scène de Zik'a Mano./Photo archives Zik'a Mano

En 2019, pas moins de 1000 participants s’étaient rués à Mano le temps d’un week-end, quand la population locale s’élève à moins de 150 habitants. Forcément, au fil des années, il a fallu faire évoluer la proposition, toujours dans l’esprit d’une culture plurielle. « Des restaurateurs se sont greffés au festival. Il est désormais possible de goûter des plats de continents différents » se félicite Sylvie. Et puis le couple a surtout pris de l’expérience, aussi bien à Mano qu’à Saint-Magne puisque le festival Zik’a Ripaille est abrité sous la même association que son homologue landais à savoir Festiv’Airial.

 

Des créations musicales, artisanales et culinaires

 

Pour ce qui est de la quinzième édition, Zik’a Mano reprend les classiques et sera bonifié par la présence d’une quinzaine d’artistes ou de groupes pour une programmation finement bien définie. À partir de 18h le vendredi 30 juin, quatre groupes s’enchaîneront parmi lesquels figurent les Delta Brothers de la Leyre, distillant un folk plein d’authenticité, le trio Lot-et-Garonnais Boot Hill ou encore le duo Guitar Box et Sexy Metro Driver. 

 

En marge de la scène survoltée à coup sûr, un espace gourmand sera assuré par sept restaurateurs ambulants. Cuisine antillaise, bretonne, nord-africaine, catalane ou plus tradi, Zik’a Mano mise là aussi sur l’éclectisme. Enfin, tout au long de ces deux jours, un espace sera dédié à des artisans d’arts et créateurs de la région. Lutherie médiévale, tatouages, jouets, objets en bois et bien d’autres confections sont à découvrir par le prisme de véritables passionnés de l’artisanat. 

La journée du samedi débutera à partir de 12h avec la succession de cinq groupes qui, jusqu’à 18h, enchaîneront les performances melant jazz, rock ou encore du rap. Enfin, Zik’a Mano illustre la dernière soirée du festival comme « un feu d’artifice sur scène ». Banda, musique du monde, rock, country et métal cohabiteront durant une soirée qui comportera des pépites artistiques qu’il est bon de connaître. Comme chaque année, l’accès au site sera gratuit mais l’inscription est tout de même requise pour y participer.

 

Enfin, et comme le veut la tradition, le festival mettra à l’honneur la solidarité au travers de deux associations. Il s’agit de l’école du petit prince d’Handiscole présente dans la commune de Rufisque au Sénégal et qui accueille des enfants handicapés, ainsi que l’association Human Entr’Aid, pour permettre à deux équipages du cru de partir à l’assaut d’un raid solidaire au Maroc d’ici 2024. Une zone de camping sera aménagée aux abords du site, dans un écrin de verdure suffisamment épais pour ne pas être dérangé par la mélodie contagieuse de la Haute-Lande. 

 

 

Inscriptions en ligne : Zik’a Mano 2023