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Belin-Béliet : l’heure de la retraite pour le chef du centre de secours Jean-Michel Plantey

Par Corentin Barsacq

Le lieutenant Plantey était chef de centre depuis 2020./Photo LB
Le lieutenant Plantey était chef de centre depuis 2020./Photo LB

Le lieutenant chef de centre Jean-Michel Plantey a officiellement tiré sa révérence après 39 ans de carrière. 39 années durant lesquelles le Val de l’Eyre aura été l’épicentre de son engagement, après un parcours riche au sein du Service départemental d’incendie et de secours.

 

Il avait prévenu d’emblée que quelques tremolos dans la voix pourraient interrompre la fluidité de son propos. Le lieutenant chef de centre Jean-Michel Plantey avait tenu bon, plus d’une heure, avant de finalement lâcher quelques larmes lorsque sa petite fille venait se jeter dans ses bras aux termes de son discours. En voilà une qui ne sera pas mécontente de pouvoir profiter de son grand-père. Au matin du samedi 4 février, devant plus d’une centaine de personnes, Jean-Michel Plantey a donc déposé sa tenue officielle de lieutenant. S’il quitte ses fonctions d’ici quelques semaines, il souhaitait tout de même rassembler son équipe et ses amis au sein de la salle des fêtes de Béliet pour marquer le coup.

 

En présence du lieutenant-colonel Aulas, du directeur adjoint du SDIS, le colonel Thierry Dedieu, ainsi que des maires de Belin-Béliet, Lugos et Saint-Magne, la cérémonie n’avait pas de caractère officiel mais se voulait être protocolaire, au goût de Jean-Michel Plantey, dont la représentation en uniforme a été acceptée par les autorités. C’est donc le lieutenant-colonel Aulas qui a lancé la cérémonie en revenant sur le parcours de ce natif de Pessac, qui a d’abord fait ses armes dans des études de droits : « Un bac + 6 en droit, certains diront bac + 6 mois » s’amusera plus tard Jean-Michel Plantey. Si le pédigrée du Pessacais indique une potentielle carrière toute tracée, il rentre à l’armée dans la Marne et de fil en aiguille, sous les conseils d’un proche, entre chez les sapeurs-pompiers en 1984.

 

De Salles jusqu’à Mayotte

 

À défaut d’une candidature retenue à la CUB, il devient forestier sapeur deuxième classe, puis première classe affecté au centre de secours de Salles en 1985. Il est titularisé durant cette même année avant d’accéder au grade de caporal en 1986. En 1993, il quitte le Val de l’Eyre une première fois, direction La Benauge où il sera nommé sergent, puis adjudant en 1998. Entre temps, c’est lui qui s’occupe de la formation des futurs officiers. Il en aura vu défiler du monde sous ses yeux, dont le colonel Thierry Dedieu, présent pour l’occasion et qui se remémorera, non sans quelques rires, d’une formation dans le Sauternais où la pratique a été mise à rude épreuve dans le vignoble…

 

En 2001, Jean-Michel Plantey revient à Salles, en tant qu’adjoint au chef de centre de Salles, ce qui lui permet notamment d’être au plus près de l’US Salles, où il se révélera être, durant sa jeunesse, un valeureux troisième ligne aile après avoir fait ses débuts au Stade Pessacais. Qualifié de bon preneur de balle en touche, rapide et percutant en défense, le gaillard en impose sur le terrain comme dans la caserne. Il représentera la Gironde aux côtés de l’équipe des sapeurs-pompiers dans de multiples compétitions et transmettra son goût du sport aux futurs officiers, avant de remporter le prestigieux challenge Lambert.

 

Le pompier professionnel défend une certaine vision de la profession. Après avoir été nommé major en 2004, il décide de partir en détachement à Mayotte en septembre 2005. Un dépaysement total, aux côtés de sa famille, marqué par des rencontres, des joies, mais aussi l’impossibilité de renoncer à ses valeurs personnelles, se souvenant d’une « équipe accueillante, généreuse, mais encadrée par des nostalgiques du temps des colonies ». Jean-Michel Plantey se désolidarise de cela et décide de rentrer en Métropole en 2007, au sein du centre de secours de Saint-Medard-en-Jalles. Deux ans plus tard, l’appel du Val de l’Eyre débouche sur une nomination en tant qu’adjoint au chef de centre de Belin-Béliet. Le Pessacais devient ensuite lieutenant en 2012, et chef de centre le 1er février 2020. Sous ses ordres, la vie de la caserne sera marquée par le secours à la personne durant la crise épidémique, puis la gestion des inondations de mai 2020, avant d’affronter les flammes de Saint-Magne durant l’été 2022.

 

« L’humilité d’un chef reconnu par ses troupes »

 

Un dernier fait auquel le lieutenant Plantey n’aura pas pris part, forcé de mener un autre combat contre la maladie. Le maire de Belin-Béliet Cyrille Declercq se souvient notamment des yeux embués de Jean-Michel Plantey au moment de recevoir la médaille de l’Assemblée nationale en janvier dernier : « J’ai été surpris de trouver en face de moi quelqu’un de très humain et de très humble. Il a l’humilité d’un chef reconnu par ses troupes ».

 

« J’ai été fier d’être votre chef de centre » a déclaré le futur retraité à son équipe présente dans la salle, tout en remerciant les représentants des ASA DFCI, les maires du Val de l’Eyre et bien évidemment le SDIS de la Gironde. Aux termes du « discours le plus dur à lire », celui qui se sera toujours démarqué par belle plume a donc posé le stylo une dernière fois, pour partager le verre de l’amitié autour de longues anecdotes de carrière. Dans les prochaines semaines, il quittera la caserne de Belin-Béliet pour une retraite bien méritée, avec une promesse faite à son successeur, le lieutenant Arthur Lacvivier, qu’il trouvera à Belin-Béliet « un centre de secours parfaitement sain, efficace et opérationnel ».  

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