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Salles : “Le Pougniq” ou quand deux amis décident de créer le festival du village

Par Louna Lavergne

Donny Daus et Marius Lalande sont à l'origine du festival./Photo DR
Donny Daus et Marius Lalande sont à l'origine du festival./Photo DR

Né d’une rigolade entre deux amis sallois, le festival “Le Pougniq” s’apprête à voir le jour dans la commune du Val de l’Eyre. Cet événement inédit réunira musique et arts de rue les 30 et 31 juillet 2022 pour proposer un moment festif et populaire aux habitants du territoire. 

 

Un peu plus d’un mois avant le jour J, Marius Lalande et son équipe s'affairent aux derniers préparatifs. Le festival “Le Pougniq” est le fruit de l’imagination d’une bande de copains et d’une volonté de proposer un événement culturel et familial sur le territoire sallois. Des concerts aux spectacles, sa programmation éclectique vise à ravir toutes les générations en mêlant musique et arts de rue. Et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’à à peine 22 ans, le groupe d’amis à son origine ne manque pas de ressources pour satisfaire les futurs visiteurs. 

 

Une ambitieuse bande de copains

 

Avec la billetterie désormais ouverte et les détails fignolés, difficile de croire que “Le Pougniq” partait, au départ, d’une blague entre amis. Lors d’un repas concert à Salles, Marius Lalande et Donny Daus plaisantent sur l’idée d’un potentiel festival dans la commune. D’une simple phrase dite à la volée, les deux compères en ont fait une réalité. Marius en charge des financements et Donny du côté artistique et de la communication, ont rallié à cette folle aventure Yoan Bernard, responsable technique et Quentin Carrere, chargé de la sécurité. Novices dans le domaine de l’événementiel, les quatre comparses se sont heurtés à l’inconnu.

 

Sur le tas, ils ont dû apprendre de nouvelles compétences et fournir les réflexions nécessaires aux besoins d’un néo-festival comme celui-ci. “C’est toujours difficile d’anticiper lorsque l’on ne connaît pas ce qu’on va faire. On a dû parer toutes les éventualités et apprendre à se débrouiller” nous confie Marius Lalande. Une fois leur idée conçue, la bande de copains a rencontré une nouvelle inconnue : la recherche de financements. Mais les soutiens de la commune, la région et le département ont finalement frappé à la porte du Pougniq ainsi que des partenaires privés locaux.

 

“En définitif, ce ne fut pas vraiment une difficulté puisqu’on a réussi à quasiment tripler notre budget initial” se réjouit le chargé des financements. De plus, ce fruit de leur initiative est organisé par leur propre association à but non lucratif, les Moutons de Pougniquet. Cette structure leur permet d’injecter l’argent récolté dans la confection du festival de leur souhait sans en tirer de bénéfices personnels. 

 

Une organisation synonyme d’initiation

 

Si les financements et l’organisation se sont présentés comme des obstacles à franchir, la question du lieu était, elle, toute répondue. La ville de Salles comme hôtesse d’accueil de l’événement s’est révélée comme une évidence tant chacun de ses recoins représentait le lieu de vie des organisateurs. Originaires de la commune, les quatre amis ont voulu ériger leur projet au sein de leur port d’attache si familier. “Ma famille vit à Salles depuis longtemps et possède une propriété agricole avec un grand terrain. Le lieu était déjà tout trouvé et cela nous a enlevé une belle épine du pied d’implanter le festival ici-même” poursuit Marius Lalande.

En ajoutant à cela la connaissance des acteurs de l’économie locale, la fine équipe du Pougniq se facilitait grandement les démarches d’échanges et de démarchages auprès des commerçants du coin. “On a toqué à toutes les portes, que ce soit dans les domaines de la restauration, l’hébergement, la réparation, le notariat ou encore la grande distribution.”

 

Pour ce qui est des artistes, la bande s’est réunie pour lister des noms et envisager un moyen de contacter chacun d’entre eux. A cela se sont ajoutées de nouvelles potentialités grâce à des recherches en ligne ou encore des conseils de proches. Très vite, des retours positifs se sont faits et organiser leur venue n’en devenait plus qu’une formalité. Destiné à un public familial, intergénérationnel et local, le festival se veut accessible à tous. C’est pourquoi la volonté de Marius et ses amis était de proposer un prix bas. “Tombant fin juillet, cela peut offrir un bon moment à des gens qui ne peuvent pas se permettre de partir en vacances.  Pour 17 euros, les visiteurs ont accès aux deux jours de festivités. En plus des 600 billets mis en vente, nous avons offert des dizaines de billets à des organisations qui aident les jeunes en difficulté qui, finalement, viendront nous aider le jour J à tout organiser avant l'arrivée des visiteurs.” complète Marius. 

 

Le Pougniq c’est quoi ? 

 

Pour cette modique somme, les festivaliers pourront assister à un jour et demi de programmation. Sur une première scène de 70 mètres carrés, 5 artistes musicaux se relayeront, allant du rap à la musique celte, en passant par la variété française et le dub. Sur la seconde, 4 compagnies d’arts de rue prendront possession des lieux, proposant de la pyrotechnie, du théâtre mais aussi du cirque. Si chaque artiste présente une identité musicale bien marquée, chacun pourra trouver son bonheur dans la diversité des genres proposés. Cette programmation éclectique est l’entière volonté des organisateurs nous explique le chargé des financements : “C’est ce que nous aimons nous dans l’équipe. On écoute différents styles. Il y a forcément la volonté de proposer quelque chose qui puisse toucher tout le monde mais aussi celle de faire découvrir aux visiteurs une musique vers laquelle ils ne seraient pas allés d’eux-mêmes”. Ce divertissement unique mêlant arts de rue et musique s’accompagne également d’un espace restauration avec une buvette et des foodtrucks mais aussi un espace détente pour se reposer entre deux concerts après avoir dansé. 

 

Les origines de l’appellation

 

Si le jour J ne pointe pas encore le bout de son nez, le nom du festival en lui-même suscite déjà les interrogations. Outre être une appellation accrocheuse, “Le Pougniq” vient tout droit du patois et signifie “une poignée (de quelque chose)”. Ce nom, l’événement le doit au lieu qui l’accueille, la ferme de Pougniquet, qui, elle-même, le tient d’un aïeul de son organisateur, Marius Lalande. Devenu aveugle avec l’âge, cet ascendant du jeune homme travaillait dans son exploitation en longeant les clôtures pour y ramasser la laine. Les passants de la route voisine, curieux, lui demandaient alors ce qu’il faisait. Celui-ci leur répondit en patois qu’il récoltait des poignées de laine et fut ensuite surnommé par les passants “le Pougniq”. Par cette appellation, Marius rend ainsi hommage à son aïeul tout en marquant l’identité locale de l’événement. 

 

Avec 600 billets mis en vente et une deuxième édition déjà en réflexion, les quatre amis espèrent une franche réussite au mois de juillet prochain. Sur l’appréhension de la météo prime l’excitation de voir ce projet de deux ans et demi de travail et de réflexion aboutir et l’impatience d’offrir au Val de l’Eyre un festival inédit. 

 

Pour vous procurer un ticket d’entrée pour Le Pougniq : www.lepougniq-festival.fr/billetterie/