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À quelques jours du scrutin, le ton se durcit entre les candidats

Par Corentin Barsacq

Avec la forme et la manière, les trois listes ont redémarré la campagne des Municipales 2020 quitte à se percuter sur la dernière ligne droite. 

 

Alors que le nom du futur maire de Belin-Béliet sera connu dimanche, les trois candidats ont semble-t-il musclé leur jeu. À l’instar du débat organisé par La Dépêche du Bassin et Le Belinétois le 7 mars dernier, les jours qui précèdent la dernière échéance des Municipales 2020 creusent les divergences entre Jérôme Gellibert, Cyrille Declercq et Rédouane Louaazizi. Les trois candidats ont relancé simultanément leur campagne dès le déconfinement prononcé, quitte à se bousculer sur les réseaux sociaux, support privilégié et ô combien important pour gagner le cœur et le vote des Belinétois.

Les résultats du premier tour des élections municipales.
Les résultats du premier tour des élections municipales.

Qu’on se le dise. Il est complexe pour tout un chacun de placer une pièce sur un candidat tant les scores du premier tour sont à prendre avec des pincettes. Seule certitude, l’avance du candidat Cyrille Declercq, arrivé en tête avec 38,16% des suffrages et qui doit maintenant transformer l’essai face à deux autres candidats qui ont maintenu une communication incisive sur les réseaux sociaux. À commencer par Jérôme Gellibert, l’actuel adjoint aux Finances placé deuxième avec 31,27%, juste devant Rédouane Louaazizi, l’invité surprise devenu au fil des mois un candidat crédible, en témoigne un score de 30,56%. Sous son impulsion, le dernier candidat cité a pu accompagner un collectif de couturières mobilisées pendant le confinement dans la conception de masques : « J’ai souhaité lancer un appel à la solidarité. Une vingtaine d’habitant-e-s apolitiques de divers horizons ont répondu présent et donné de leur temps pendant deux mois » peut-on ainsi lire sur un communiqué de la liste « Dynamisons Belin-Béliet naturellement. »

Après plus de 6000 masques confectionnés, l’heure est au règlement de compte avec la municipalité, qui avait pourtant apporté un soutien financier au collectif après que le candidat ait sollicité une aide de la ville dans une lettre ouverte publiée sur les réseaux sociaux : « J’ai provoqué une réunion avec la municipalité afin d’obtenir un soutien financier. L’apport de la municipalité est aux alentours de 20% de toutes les dépenses nécessaires. Tout le reste a été financé par le collectif et les habitants de Belin-Béliet. » Une main tendue trop légère au goût du candidat, qui n’hésite pas à tacler la majorité actuelle, accusée par la tête de liste de de s’approprier le succès de ce collectif dans le dernier magazine municipal publié au début du mois. 


Des oriflammes à l’entrée de Béliet


Jérôme Gellibert n’a pu être sollicité lors de l’écriture de cet article afin d’apporter une réponse. Néanmoins, dans les colonnes du journal Sud-Ouest, le candidat a pointé du doigt la méthode de campagne douteuse de Rédouane Louaazizi, à l’image des oriflammes installées en bordure de route devant la permanence du groupe. Le principal attaqué se défend : « On est conseillé par un avocat qui est dans le domaine électoral. Je sais ce que je fais. » Du côté « Des traditions et un avenir en commun » Jérôme Gellibert a maintenu son projet politique argumenté sur les réseaux sociaux et l’a fait grandir au gré des rencontres avec les administrés.

 

Évitant d’être dans des conflits permanents avec ses rivaux, celui qui est au conseil municipal depuis plus de vingt ans peut s’appuyer sur des colistiers au franc-parler, à l’image de Bernard Rablade. Le sylviculteur à la retraite n’a pas fait dans la langue de bois pour évoquer une multitude de problématiques inhérentes à cette campagne des Municipales. Comme le brulant dossier PRD, où la liste ne cache pas être favorable à l’implantation de la plateforme logistique, ou encore sur les programmes des adversaires : « Souvent, les programmes ont des similitudes surprenantes » commente le colistier. 


« Personne n’a le monopole du cœur » 


À l’instar de Jérôme Gellibert, Cyrille Declercq n’est pas non plus un habitué des passes d’armes en public. Mais à la lecture d’un communiqué de Rédouane Louaazizi où ce dernier fustigeait une « opposition, absente sur le terrain ces deux derniers mois, qui a singulièrement manqué de proximité, d’écoute et de bienveillance », le candidat d’Agir durablement pour Belin- Béliet a fait entorse à sa ligne de conduite pour y apporter une réponse sans filtres. Contacté par téléphone, Cyrille Declercq souligne avoir mené des actions sociales restées discrètes par sa volonté : « On ne fait pas cela pour se donner en place publique. Celles et ceux qui nous attaquent n’ont pas le monopole du cœur. Lors des inondations, à une heure du matin, j’étais sur le terrain en compagnie d’autres élus et jusqu’à 20h au soir. Sauf erreur de ma part, je n’ai pas vu Monsieur Louaazizi. » En tête des suffrages avec 38,16% des votes, le candidat ne veut pas entrer dans la sphère des polémiques : « C’est une forme de faiblesse » déclare-t-il. 

 

Dimanche, les urnes révèleront donc le nom de celui qui succèdera à Marie-Christine Lemonnier. La fin d’une campagne municipale particulièrement hargneuse où chaque liste a joué avec ses armes pour convaincre et débattre. Jusqu’à ce soir, les candidats sont revenus sur leurs programmes respectifs présentés sur les réseaux sociaux mais également dans les boites aux lettres. Dimanche, une nouvelle page de la politique locale s’écrira. Mais nul ne sait qui en tiendra la plume. 

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